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  • With age comes wisdom? Maybe...or maybe not.

    jeudi 10 juillet 2014
    Maxime Allard O.P.

    Bust of Aristotle and drawing of Athena, Greek goddess of wisdom

    “Wise old…”–hum!!

                    One hears that wisdom comes with experience. Youth would not be a time for wisdom! That would be Greek wisdom… and its bourgeois avatar! At the other end of the spectrum, one also hears of the wise comments of the very young ones, of the ones that have remained “child-like”! These little ones would be like Jesus, the teenager, in the Temple (Luke 2, 46-47)! They have not been corrupted by life, disgruntled by sad and traumatic experiences. There is freshness! This would be a certain Christian wisdom… and its contemporary bourgeois avatars!

                    The “old” are not necessarily wise. One should meditate Aristotle’s description of their social emotions in his second book of the Rhetoric! The “young” are not necessarily wise either. Check out the same book of the Rhetoric! Aristotle was very realistic in his view of the strengths and weakness of character that one generally finds in youth and in seniors! Wisdom does not come with age nor is it something that pops up, intermittently, in little ingénues! Wisdom requires meditating on what one has felt, seen, learned. It requires a meditation that questions critically! And, however good and praised a reflexive-life might be (at least since Socrates’ time), on the whole, one is quite content to live on without the exhausting thought process. Precipitation, inconsistency and neglect are quite common vices[1]… in all periods and walks of human life.

                    In Sophocles’ tragedy, Creon, old, controlling, power-hungry, disillusioned, has no more wisdom than young, utopian, vibrant, righteous Antigone, whichever interpretation you choose to give to their encounter, confrontation, collision, fatal dialogue.[2] But there lies a road for us to explore.

    Antigone stands before Polynices

                    Wisdom is a question of disposition. But, let’s not give in to romantic images of dialogue. Wisdom comes from agonic debates where the protagonists dare listen to both Creons and Antigones of this world! Life and death situations might be at stake… and their impact on family, social and political aspects of the human experience. In that sense, one does not become wise alone. Inscription in a community of debates between men and women is required. Confrontations of old and young people are not to be avoided. Tough–often unsatisfactory and unfair–struggles and decisions are unavoidable between the rich and the poor. Why? Because wisdom is not primordially the accumulation of truths, of universal principles and of exemplary stories or fables. In that sense, wisdom is not the fruit of speculative reason’s feats or of history’s meditated “lessons”. Wisdom is, foremost, a breath of vision that aims at orchestrating concrete and diverse possibilities in a torn world. It is doing this without being limited to the “application” of one set of immutable principles. In music, one may choose to orchestrate like Bach, Mozart, Wagner, Strauss or like Schönberg, Webern or Boulez! The wise one will be able to figure out which orchestration is appropriate when and for whom and to what end!

                    Some get to this point quickly. Some painstakingly make it. Some never get it! Engaging oneself in philosophy or theology – amongst other university disciplines and experiences – may help one on the way!

     

    [1] Thomas Aquinas, Summa theologiae, IIaIIae, q. 53 and 54.

    [2] Sophocles, Antigone and G. Steiner, Antigones: How the Antigone Legend has Endured in Western Literature, Art, and Thought, Oxford, 1986.

  • Éthique de la vie universitaire

    mardi 04 mars 2014
    Maxime Allard O.P.

    Depuis près de deux semaines, impossible de ne pas entendre parler des Olympiques!  Depuis deux semaines, dans les médias, de jeunes hommes et femmes jouent – ce sont des « jeux » olympiques après tout – ensemble. Ils s’y sont préparés pendant des années. Commentateurs et spectateurs louent la discipline, les efforts, les sacrifices requis de ces jeunes. Ils signalent le dévouement et l’engagement des entraîneurs et ne taisent pas le soutien moral et financier nécessaires pour rendre possible les performances qui nous éblouissent.

    Depuis près de deux semaines, je suis tenté de comparer ces « disciplines » olympiques avec la vie intellectuelle. Soyez rassurés, je ne suis pas intéressé à transformer classes ou facultés en lieux de compétitions d’élites!

    Comment insuffler – sur le long terme – aux étudiants, aux étudiantes  et aux professeurs ce goût pour une vie intellectuelle disciplinée, soutenue par le dévouement des uns envers les autres? Comment faire apprécier qu’être disciple, qu’être discipliné est essentiel à l’apprentissage et à la recherche? Comment le faire pour introduire à la joie de ce que rend possible le raffinement des concepts, le perfectionnement des arguments? Comment, en un certain sens, promouvoir les « performances» intellectuelles témoignant de ce que peuvent devenir des hommes et des femmes plongés dans une vie d’étude?

    Je pose la question du « comment ? ». Je pourrais tout aussi bien poser celle du « pourquoi? »!  Pourquoi serait-il approprié de penser la vie intellectuelle, dans sa version scolaire ou non, comme un entraînement, comme une discipline? Pour le plaisir d’apprendre? Pour la satisfaction produite par  l’accomplissement d’un parcours menant à de la contemplation de la vérité?

    Pourquoi ces questions? Parce que, me semble-t-il, ce plaisir de la discipline en vue du perfectionnement n’est guère goûté autant qu’il pourrait l’être! Parce que, toujours à partir de ce que je vois, la routine s’installe rapidement, la satisfaction du minimum est dotée de charmes tentateurs et envoûtants, l’engagement dans l’apprentissage intellectuel est déclassé au profit de la pensée toute fait, l’expression de l’opinion cède le pas à l’argumentation réfléchie. Parce que le diplôme devient une médaille, un trophée à exposer, l’occasion pour certains acteurs économiques ou politiques de transformée les capacités reconnues de la personne diplômée en machine à faire de l’argent!

    Pourquoi ces questions? Parce que, il importe de l’avouer, il existe dans les milieux universitaires, des hommes et des femmes dévoués à entraîner les jeunes et à les soutenir dans leur quête de savoir et de vérité. Parce que –  le rappel n’en est pas vain – des étudiants, des professeurs et des chercheurs s’adonnent à cette discipline sans autre but que de parvenir à offrir au monde quelques nouvelles bribes de connaissances qui pourront améliorer l’expérience de leurs frères et sœurs en humanité.

    Pourquoi ces questions? Parce qu’il ne me semble pas évident de leur apporter une réponse toute faite! Parce que je crois qu’il importe de revoir les manières d’envisager la motivation, le soutien des efforts pédagogiques et des processus d’apprentissage à l’Université! Enfin, parce que je crois que la philosophie et la théologie, parmi les disciplines universitaires, sont des pratiques intellectuelles possédant une riche histoire d’enseignements, d’intuitions et de voies à explorer à nouveaux frais aujourd’hui!

    Ces pistes, je m’efforcerai de les parcourir et de vous en faire part régulièrement dans les prochaines livraisons de ce blog!