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  • To read or not to read?

    vendredi 14 novembre 2014
    Iva Apostolova

     

    One thing can be said about philosophy without a doubt: it’s bulky. Have you seen the size of The Critique of Pure Reason by Kant?

    Yes, philosophers are verbose, and they also have a lot to say. Reading philosophical texts in a systematic way is a lot like learning a new language – at first there is the excitement of opening the door to a new world, then there is the pride of how much and how fast one is learning new vocabulary, and new ways of constructing one’s thoughts, until finally, panic and anxiety set in. Anxiety that no matter how much vocabulary one is acquiring, one can never ‘absorb’ and ‘engulf’ all of the new language.

    Even worse, soon after one starts reading literature or poetry in the newly acquired language, one realizes that all the fine nuances in the use and meaning of words, which are not to be found in dictionaries, are not only hard to catch but often completely lost on a reader who is outside the specific linguistic and cultural context. In other words, every language requires interpretation and re-interpretation, and every language is prone to misinterpretation. Imagine the same thing but turned up to the max and you’ve got a pretty accurate picture of how it feels to read philosophy.

    Because of its nature and its sheer volume, philosophy generates more anxiety compared to, perhaps, any other discipline.

    The question is how to deal with it.

    Like everything else in life, you try to create good habits that will carry you through.  

    Have you heard the expression: ‘the devil is in the details’? Well, that is especially true for philosophy. Perhaps the most important skill you learn in philosophy is connecting the dots, so to speak. It is not about how much you have read but whether you have managed to make the connections between the different ideas presented by the author/s. And that is hard! It is hard because every philosophical text is a complete, self-sufficient universe, a life narrative, if you will.   

    But there are things you can do to make the challenge manageable:

    Trust your instructors and mentors; they have been where you are now, and they know how you feel.

    Don’t forget that philosophy is dialogical in nature. In other words, it is far more important to bounce your ideas off someone else than lock yourself in the ‘armchair philosophy room’.

    Take an interest in something, a topic, a problem, or a dilemma, and stay with it.

    But take an interest in something that you can relate to. Despite common perception, philosophy is not, and should not be detached from one’s personal narrative. It doesn’t mean that you can’t change your mind about what interests you. All great philosophical minds have done it. But if you choose points of philosophical interest that you, as a person, can relate to, you will be able to connect the dots so much better, and eventually, weave a philosophical canvas which will become part of your own personal story. 

     

  • Se Souvenir!?

    mardi 11 novembre 2014
    Maxime Allard O.P.

    Flanders field

    Se souvenir!?

    Novembre est le mois du souvenir.

    Souvenirs soutenus liturgiquement ou culturellement de nos défunts.

    Souvenirs politiques de la guerre, de la fin de la guerre, des morts à cause de la guerre.

    D’ailleurs, pour plusieurs ces deux registres de commémoration se croisent. Pourtant, d’année en année, ce dont il faut se souvenir augmente : de nouveaux défunts, aimés ou non, sont inscrits sur la liste de nos mémoires et de nos cœurs blessés; de nouveaux concitoyens ont été occis dans des conflits armés qui ne semblent pas vouloir se terminer.

    Souviens-toi! Étrange impératif qui signale bien que ce dont il s’agit n’est pas le simple rangement d’une idée, d’un événement, d’une situation au fond d’un tiroir de l’esprit humain et qui demeurerait à portée de la main.

    Au contraire, on a l’impression qu’il s’agit de tout sauf de ranger une idée parmi d’autres. Ce qui est demandé dans « Souviens-toi », c’est de garder vive, présente, la mémoire d’un événement. L’impératif impose – au moins, c’est sa visée – de conserver un souvenir de telle sorte qu’au présent il oriente des délibérations, des choix, des actions. Année après année, l’impératif est répété pour conjurer les effets de l’oubli, de l’indifférence.

    Étrange impératif qui fait qu’en société et en Église on organise des célébrations sans que, pourtant, le souvenir ainsi ravivé change quoi que ce soit aux délibérations, aux choix et aux actes. Au moment où, cette année, le « Souviens-toi » est chargé d’un surcroît de sens à cause des événements à Ottawa au pied du monument du souvenir des morts canadiens au cours de guerres meurtrières, on choisit de repartir en guerre, de relancer les mécanismes belliqueux…

    Pourtant, peut-être commande-t-on le souvenir pour mieux en contrôler l’oubli réel? Nietzsche aurait répondu dans le second essai de sa Généalogie de la morale : pour mieux contrôler, pour mieux générer – et gérer – la culpabilité, on impose aux autres de se souvenir! Difficile de balayer d’un revers de la main la proposition nietzschenne! Sinon, peut-être, si on se situe délibérément du côté des manipulateurs de la mémoire…

    La reine didonDidon chante à Énée, chez Purcell « Forget my fate ». S’il n’oubliait son sort, sa mort, peut-être ne pourrait-il pas vivre, s’aventurer à fonder Rome? Certains souvenirs sont délétères, débilitant, mortifères! « Forget my fate », chante Didon mais aussi, dans le même souffle,  « Remember me ». « Souviens-toi de moi » afin que ce souvenir t’inspire, te fortifie… Le souvenir ne va donc pas sans des oublis et vice versa.

    On le sait, l’articulation vivifiante de cette logique n’est pas donnée. Elle résulterait, peut-être, d’un patient travail d’interprétation critique, personnel et communautaire, et de conversion du désir. Et, avouons-le sans détour, on y parvient rarement, péniblement, par intermittence…

    Entre temps, nous sommes hantés, travaillés par de l’oublié, du réprimé!

    Et les guerres continuent!

    Et les blessures de l’âme sont purulentes.

    Et les morts s’accumulent.

    Et plusieurs sont oubliés…

    « Souviens-toi »!!!

    Triste sort!

    … Qu’est-il permis d’espérer? Kant répondrait : une délibération responsable en vue d’une transformation des choix fondamentaux des individus et une rationalisation des pratiques sociales et politiques. Ailleurs, autrement, sans contradiction, l’Évangile répondrait : souviens-toi de Jésus Christ ressuscité d’entre les morts! Que répondons-nous?

     

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