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  • Academic Freedom and its Current Challenges

    mercredi 23 décembre 2015
    Iva Apostolova

    The institution of the university, as we know it today, originates in the High Scholasticism period of the Middle Ages. The best way to describe universitas is as a scholarly corporation. In other words, at its root, university is an organization whose goal is to provide and produce learning and knowledge. The first universities grew out of monastic schools associated and attached to various religious establishments. As feudal wars across Europe subsided, and cities prospered, universities became more commonplace. As a result, they gained their independence and turned into self-sufficient scholarly communities. It is this self-sufficiency, combined with the communal spirit, that is still the university’s most prized possession to date.

    Universities are spaces, literally and figuratively (hence, the need today for university campuses), where one goes to learn. But learn to what end? Sapere Aude! is one of the oldest mottos used by university establishments. Dare to Know! or Dare to be Wise! (in literal translation from Latin), the phrase also carries the connotation of ‘knowledge for the sake of knowledge’. Upon reflection, isn’t this what academic freedom is ultimately about – having unrestrained access to information while, at the same time, critically evaluating it in a way that produces new knowledge which can, in turn, be freely distributed and accessed by anyone?

    In this sense, however, universities are odd organizations. Unlike any other organization, where loyalty to the institutional body is a key element to its success, in universities, the only loyalty expected of the ‘magistri’ is to knowledge itself.

    Are universities still places of free exchange of knowledge? Everyone who works in academia would certainly like to think so. However, we can’t ignore the challenges we face today. Apart from the petty and not so petty faction wars that every academic unit faces, I can single out two snags that pose a threat to the university spirit. The ubiquitous electronic media extends the space of learning well beyond the boundaries of the university campus. While this is often perceived as a positive thing, it sometimes leads to blurring of the lines between private and public, which, without proper critical evaluation, can threaten the integrity of the academic dialogue. Should a comment on a facebook page reflect on the academic reputation of a professor? What about a student? Should the university care?

    Despite their communal origin, universities function in the public space as legal and economic bodies. The high price of post-secondary education, particularly in North America, inevitably imposes the business model where education is just another type of service provided by the professors and consumed by the clients (the students). While this model allows universities to co-exist and interact with other public and private institutions, it poses problems for the integrity of the scholarly community as well as the shift of the common goal from knowledge to profit.  

    Will the university manage to protect its spirit? Let’s hope so.

  • Le yoga entre le don et l’appropriation

    vendredi 27 novembre 2015
    Jean-François Méthot

    La Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa et son Centre pour étudiants ayant un handicap (CÉH) ont fait les manchettes cette semaine après l’annulation d’un cours de yoga gratuit pour cause d’appropriation culturelle. Les réactions des Internautes ont été vives et partagées, allant de l’hilarité à l’indignation et à la solidarité.

    Il ne faut pas ridiculiser ces débats, même si, pour un instant, je croyais que la nouvelle venait d’un site satirique. Les jeunes d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, font à l’Université une expérience du débat social, de la vie politique, dans un contexte de tolérance et de liberté. Tant mieux si l’on réussit encore à préserver ces conditions de la vie universitaire.

    Je me demande cependant si le concept d’appropriation culturelle n’est pas trop réducteur pour capturer la complexité des formes de transferts culturels. On comprend l’idée : l’appropriation culturelle consiste dans la récupération et l’usage non-consentis de pratiques ou de symboles, par une culture dominante aux dépends d’une culture opprimée ou dominée. Ce débat dépasse bien l’Université, comme le montre la controverse au sujet du nom des « Redskins » de Washington.

    Bien sûr, il existe une exploitation éhontée des symboles et pratiques culturels, incluant une industrie florissante du yoga qui ne profite en rien à ceux qui nous l’ont fait découvrir et qui le pratiquent comme un art et non comme un passe-temps. On a certes raison de critiquer cela, du moins, si l’on réussit à s’en apercevoir. Jeunes, nous écoutions le rock de Cream, des Stones et de Led Zeppelin, croyant y trouver une toute nouvelle musique. Nous ne savions combien elle devait aux musiciens de Blues des années 1930, essayant par leur musique, comme Robert Johnson ou  McKinley Morganfield, d’échapper aux fermes et aux plantations du Sud.

    L’appropriation culturelle, cependant peut tenir du don ou du partage. Jeune étudiant en philosophie, je me souviens encore de notre professeur Roch Bouchard qui nous avait fait découvrir la pensée du grand philosophe Indien Jiddu Krishnamuerti. Pourquoi Krishnamuerti est-il un grand philosophe? Il a produit une synthèse de la philosophie indienne qu’il a voulu et pu communiquer au monde philosophique occidental, parce qu’il avait trouvé une universalité dans la sagesse de sa culture, et il voulait la partager. Le yoga, pour lui, faisait partie de cette élévation de la conscience.

    Krishnamuerti ne se souciait pas d’appropriation culturelle. Bien au contraire, c’est par générosité intellectuelle, vertu philosophique, me semble-t-il, qu’il a voulu partager sa pensée, comme d’ailleurs ses héritiers qui poursuivent l’étude et la dissémination de son œuvre. Il voulait la faire partager, car il voyait ce qu’elle pouvait offrir à l’humanité, et pas seulement aux Indiens.

    Il y a ainsi des cadeaux faits à l’humanité par les peuples opprimés : le blues, le rap, le tango, le reggae,  le folklore québécois et franco-canadien, la cuisine traditionnelle des peuples, l’art, l’habillement, la médecine naturelle. Le christianisme lui-même ne relève-t-il pas, du moins en partie, de l’appropriation culturelle gréco-latine d’un mouvement religieux juif au temps de l’Empire Romain? Nous discutons volontiers entre collègues de philosophie et de théologie de cette grande aventure dans l’histoire de la pensée.

    L’appropriation est un signe de l’universalité; et la philosophie, qui tend vers la sagesse, en fait partie. Nous ne pourrions vivre en philosophie sans appropriation culturelle. C’est au plan de l’humanité qu’il faut penser, et non au plan de nos productions culturelles, ce qui favorise le dogmatisme et l’impérialisme culturel. Soyons toujours à l’écoute de toutes les sagesses, méditons-les, chérissons-les. Appropriation, peut-être. Mais avant rencontre, compréhension, partage et don.

    *Photo courtoisie de Wikimedia Commons

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